TF, 12.08.2026, 1C_354/2024*
I) La recherche automatisée de véhicules constitue un instrument à double finalité que les cantons peuvent réglementer lorsqu’en plus de sa fonction répressive, elle sert principalement, ou à tout le moins également, à la prévention des dangers. La conservation des données ne révélant aucune concordance avec une banque de données constitue une surveillance de masse secrète qui exige des garanties contre les abus. À défaut, ces données doivent être effacées immédiatement. Par ailleurs, la prise de vue des occupants d’un véhicule ne peut intervenir systématiquement à chaque fois qu’il existe une concordance.
II) L’utilisation de caméras-piétons (« bodycams ») à des fins exclusivement répressives constitue une mesure de contrainte qui nécessite une base légale dans le CPP et ne peut donc être prévue par le droit cantonal. Les cantons peuvent en revanche prévoir ces caméras comme mesure préventive ou à double finalité. Lire la suite
L’étendue de l’obligation de motivation des ordonnances refusant au détenu l’autorisation de communiquer avec un tiers
/dans Procédure pénale/par Simon PfefferléTF, 18.09.2026, 7B_733/2026, 7B_812/2026, 7B_960/2026, 7B_1080/2026
Les ordonnances par lesquelles la direction de la procédure refuse au détenu l’autorisation de communiquer avec un tiers doivent être motivées conformément à l’art. 29 al. 2 Cst. La direction de la procédure ne saurait donc recourir à des formulaires standardisés sans indication des motifs juridiques et factuels sous-tendant sa décision.
Le fait que le détenu connaitrait les motifs de refus ne permet pas de pallier l’absence de motivation des ordonnances. Une motivation par renvoi à une précédente décision ou à un élément du dossier n'est admissible, quant à elle, que pour autant que les motifs auxquels il est renvoyé soient développés de manière suffisante et demeurent d'actualité. Lire la suite
L’interdiction de l’abus de droit en matière de requête de preuve à futur et la procédure applicable à la requête de consultation d’un contrat d’armement de la Confédération
/dans Procédure civile/par Simon PfefferléTF, 14.09.2026, 4A_452/2025*
L’accès à un contrat d’armement conclu par la Confédération est régi par la LTrans. Une requête de preuve à futur « hors procès » (art. 158 al. 1 let. b CPC) tendant à obtenir l’accès à un tel document est constitutive d’abus de droit, à tout le moins lorsque les requérants ne se trouvent pas dans une situation de contentieux civil avec la Confédération ou son co-contractant. Lire la suite
La qualité pour recourir d’une association de protection du loup à l’aune de l’art. 12 al. 1 let. b LPN
/dans Droit public/par Nadia MassonTF, 18.08.2026, 2C_46/2025, 2C_48/2025, 2C_49/2025* avec note
Le critère d’activité « au niveau national » de l’art. 12 al. 1 lit. b ch. 1 LPN suppose que l’organisation en cause déploie une activité effective dans la plupart des cantons à partir de son siège, ou qu’elle dispose de sections dans un grand nombre de cantons. Cela implique une activité dans au moins deux régions de la Suisse. Les organisations inscrites à l’annexe de l’ODO fournissent à cet égard un indice de l’ampleur et de la portée de l’activité exigée. L’organisation doit remplir cette condition pendant les dix ans qui précèdent le dépôt du recours. Lire la suite
Les soupçons de vol et la résiliation immédiate pour justes motifs (art. 337 CO) : un rappel des obligations de prudence de l’employeur
/dans Droit des contrats/par Camille de SalisTF, 11.05.2026, 4A_524/2025
L’employeur qui entend licencier immédiatement un employé soupçonné d’avoir commis une infraction doit procéder aux mesures de clarification que l’on peut raisonnablement attendre de lui. À défaut, la résiliation immédiate peut être injustifiée au sens de l’art. 337c CO. Lire la suite
La recherche automatisée de véhicules et les caméras-piétons dans la législation cantonale de police
/dans Droit pénal, Droit public/par Timothée PellouchoudTF, 12.08.2026, 1C_354/2024*
I) La recherche automatisée de véhicules constitue un instrument à double finalité que les cantons peuvent réglementer lorsqu’en plus de sa fonction répressive, elle sert principalement, ou à tout le moins également, à la prévention des dangers. La conservation des données ne révélant aucune concordance avec une banque de données constitue une surveillance de masse secrète qui exige des garanties contre les abus. À défaut, ces données doivent être effacées immédiatement. Par ailleurs, la prise de vue des occupants d’un véhicule ne peut intervenir systématiquement à chaque fois qu’il existe une concordance.
II) L’utilisation de caméras-piétons (« bodycams ») à des fins exclusivement répressives constitue une mesure de contrainte qui nécessite une base légale dans le CPP et ne peut donc être prévue par le droit cantonal. Les cantons peuvent en revanche prévoir ces caméras comme mesure préventive ou à double finalité. Lire la suite